Ma démarche
Artiste plasticienne et photographe, je développe depuis 2008 un travail centré sur deux axes principaux :
– des mises en scène mode où des personnages féminins évoluent dans des univers poétiques et oniriques.
– des natures mortes poétiques, empreintes d’une dimension sculpturale grâce à des éléments que je façonne moi-même en papier, en terre ou en cire.
Ces deux univers, bien que distincts, sont traversés par un même fil conducteur : l’exploration des émotions universelles liées à la solitude — mélancolie, attente, absence, désillusion ou douce folie. Qu’il s’agisse de corps ou d’objets, mes compositions mettent en scène des présences qui dialoguent avec un espace, une lumière, une couleur.
Mises en scène mode
Dans mes mises en scène photographiques, proches de l’univers de la mode, les personnages féminins deviennent les protagonistes d’histoires visuelles. J’explore des émotions universelles liées à la solitude, pour les transcender dans des univers poétiques et oniriques. Ces héroïnes, suspendues entre fragilité et force, portent à la fois les fêlures et les espoirs de nos imaginaires.
Le lieu joue un rôle central dans ma création : c’est souvent sa découverte qui déclenche la naissance d’un récit visuel. Qu’il s’agisse de paysages méditerranéens, d’architectures solaires ou de criques marseillaises, je les transforme en espaces imaginaires. Dans ces décors, j’inscris un personnage — parfois mon propre corps, parfois celui d’une comédienne ou d’une danseuse — dont la présence ouvre le champ de la fiction. Costumes, accessoires et postures deviennent autant de signes qui orientent la narration et invitent le spectateur à construire son propre récit.
La photographie, en figeant un instant, en déplace aussi la temporalité : elle laisse deviner ce qui précède et suggère ce qui suivra. Chaque image est donc à la fois autonome et reliée aux autres comme les chapitres d’une histoire ouverte.
Dans les séries La forteresse enchantée, Rêverie iodée et Summer rendez-vous, la fiction se nourrit de la légèreté et de l’humour des accessoires (parapluie de studio, flamant rose gonflable, cygne-arrosoir…). Ces objets circulent d’une image à l’autre, créant un fil narratif qui relie les univers et installe une continuité dans la discontinuité.
Mon travail se situe ainsi dans le champ du récit visuel : un récit fragmentaire, poétique et ouvert, où chaque photographie agit comme une fiction en soi et comme une invitation à prolonger l’image par ses propres histoires.
Natures mortes
En 2018, année du décès de mon père, j’ai commencé à explorer le médium de la nature morte autour du deuil et de l’absence. J’y mets en scène des objets miniatures, des fleurs, ou encore des éléments créés en papier ou en cire.
Disposés avec précision, ces objets deviennent les protagonistes silencieux d’un récit. Je m’inspire de l’héritage pictural des natures mortes classiques, notamment le clair-obscur, que je réinterprète dans une esthétique contemporaine, minimaliste et souvent monochrome. La couleur et la lumière y sont travaillées comme des matières premières, sculptant l’espace et invitant à une contemplation lente, presque méditative.
Dans les deux cas, je conçois mes images comme des récits visuels, des fragments ouverts dans lesquels le spectateur peut projeter sa propre histoire.